Wellington et Wairarapa
Capitale ventée tournée vers les cafés et le musée Te Papa, prolongée par les vignobles de Martinborough et la côte sauvage de Cape Palliser, à 1h30 à l'est.
Wellington occupe une position singulière en Nouvelle-Zélande, accrochée aux collines qui plongent vers le port de Lambton, à la pointe sud de l'île du Nord. La ville concentre les institutions politiques, le Parlement et son annexe en forme de ruche (le Beehive), ainsi que le musée national Te Papa Tongarewa, gratuit, qui retrace l'histoire géologique et maorie du pays. Notre agence locale y est basée, ce qui nous permet de caler les départs en ferry vers Picton et d'ajuster les itinéraires en fonction du vent, omniprésent dans le détroit de Cook.
La topographie explique le caractère de la ville. Construite sur une faille active, Wellington est compacte et verticale : on monte au Mont Victoria (196 m) en vingt minutes à pied depuis le centre pour une vue sur le port et la péninsule de Miramar, où Peter Jackson a installé les studios Weta. Le téléphérique rouge relie Lambton Quay au jardin botanique en cinq minutes. Côté gastronomie, la ville revendique plus de cafés par habitant que New York, et la torréfaction y est devenue un savoir-faire reconnu depuis les années 1990, autour de maisons comme Havana ou Flight Coffee. Cuba Street, ancien quartier bohème, concentre librairies indépendantes, bars à vin naturel et restaurants malaisiens ou éthiopiens.
À l'est de la capitale, la chaîne des Rimutaka sépare Wellington de la plaine de la Wairarapa. La route franchit le col à 555 mètres, puis redescend sur Featherston et Greytown, deux bourgs victoriens aux façades en bois préservées. Martinborough, plus au sud, s'est imposée depuis les années 1980 comme une appellation reconnue pour le pinot noir, sur des sols de graviers anciens déposés par la rivière Ruamahanga. Une trentaine de domaines, souvent à taille familiale, se visitent à vélo depuis la place centrale du village, dessinée en Union Jack.
La côte sud de la Wairarapa, autour de Cape Palliser, change de registre. La route de gravier longe des falaises de grès, dépasse le village de pêcheurs de Ngawi avec ses bulldozers alignés sur la plage (utilisés pour mettre les bateaux à l'eau), et mène à une colonie de phoques à fourrure de Nouvelle-Zélande, la plus grande de l'île du Nord. Le phare rouge et blanc se gravit par 253 marches. Plus à l'intérieur, les Putangirua Pinnacles, formations d'érosion en colonnes de gravier, ont servi de décor au Retour du Roi.
Le climat de la région est marqué par les vents du détroit, qui s'engouffrent entre les deux îles. Wellington enregistre en moyenne 173 jours par an avec des rafales au-dessus de 60 km/h, ce qui justifie son surnom de Windy Welly. La Wairarapa, abritée par les Rimutaka, jouit d'un microclimat plus sec et plus chaud, propice à la viticulture : environ 700 mm de pluie par an contre 1250 mm à Wellington. Cette différence se sent dès la sortie du tunnel routier.
Pour le voyageur, la région joue deux rôles : pivot logistique avant la traversée vers l'île du Sud, et étape culturelle qui équilibre les itinéraires souvent dominés par la nature. La ville est aussi le siège de la communauté maorie Te Atiawa, et le marae de Pipitea, près de la gare, accueille des cérémonies publiques certains week-ends.
À découvrir
Te Papa Tongarewa, musée national. Six étages d'expositions gratuites sur la tectonique, la faune endémique et les traités maoris. Comptez trois heures minimum, davantage si vous montez à l'exposition sur Gallipoli avec les figurines géantes du studio Weta.
Vignobles de Martinborough à vélo. Une boucle de 15 à 20 km relie une douzaine de domaines de pinot noir autour du village. Les caves Ata Rangi, Escarpment et Palliser Estate proposent des dégustations sur rendez-vous, généralement entre 11h et 16h.
Cape Palliser et ses phoques. À deux heures de route au sud-est de Wellington, la colonie compte plusieurs centaines d'individus visibles toute l'année à quelques mètres du sentier. Le phare offre une vue sur l'embouchure du détroit de Cook.
Traversée Wellington-Picton en ferry. 3h30 de navigation entre la capitale et l'île du Sud, dont la dernière heure dans les Marlborough Sounds, un dédale de bras de mer boisés. Départs quotidiens avec Interislander et Bluebridge.
Zealandia, sanctuaire urbain. Réserve clôturée de 225 hectares à dix minutes du centre, réintroduisant des espèces endémiques (kaka, takahe, tuatara). Une visite guidée nocturne permet d'observer les kiwis dans leur milieu.
Quand y aller
La meilleure période pour combiner Wellington et la Wairarapa s'étend de novembre à avril. L'été austral (décembre à février) affiche des températures de 18 à 22 °C à Wellington, avec des journées longues et un vent qui reste vif. Mars et avril offrent souvent les conditions les plus stables pour la dégustation à Martinborough, avec 20 °C en journée et moins de pluie qu'au cœur de l'été. La période des vendanges, autour de mi-mars à mi-avril, anime les domaines.
L'hiver (juin à août) n'est pas rédhibitoire pour la ville (8 à 13 °C, scène culturelle dense, festivals), mais les traversées en ferry sont plus exposées aux tempêtes, avec des annulations possibles. La Wairarapa devient plus calme, certains domaines ferment leur cellier en semaine. Évitez les week-ends de septembre à novembre si vous cherchez la tranquillité : c'est la saison des Toast Martinborough et autres événements vinicoles, et les hébergements se réservent six mois à l'avance.
Conseils pratiques
Nous recommandons un minimum de trois jours sur la région : une journée pleine à Wellington (Te Papa, Cuba Street, Mont Victoria), une journée en Wairarapa (vignobles et villages victoriens), et une journée sur la côte sud vers Cape Palliser. Quatre à cinq jours permettent d'ajouter Zealandia, le studio Weta Workshop et une nuit à Martinborough. L'aéroport de Wellington reçoit des vols domestiques depuis Auckland (1h05) et Christchurch (50 min), ainsi que quelques liaisons internationales depuis l'Australie.
La région s'articule logiquement avec le Plateau volcanique au nord (5h de route via Taupo) en début ou fin de circuit sur l'île du Nord, et avec la Côte ouest et Alpes du Sud après la traversée en ferry vers Picton. Le confort hôtelier est élevé en ville, avec des adresses de design (Hotel QT, Ohtel) et des B&B de caractère dans les villas édouardiennes de Mount Victoria. La Wairarapa privilégie les lodges viticoles et les cottages indépendants. Cette région convient aux voyageurs urbains, aux amateurs de vin et aux contemplatifs qui cherchent un contrepoint culturel aux grands espaces du Sud. Les familles avec enfants apprécient Te Papa et Zealandia, mais le vent peut décourager les plus jeunes en bord de mer.


